Publié dans tableaux

Un super défi pendant le confinement

En ce mois de mars 2020, nous vivons un épisode de confinement historique à cause d’une pandémie mondiale liée à la propagation du Covid-19.

L’heure est grave pour tous, il faut s’organiser de toutes parts pour sursoir à l’épidémie et surtout, il faut rester chez soi… Personnellement, j’ai passé 10 jours en état de sidération avant de réagir à ma façon : créer pour garder un pied dans le positif quoiqu’il advienne. Chacun sa méthode, chacun sa façon de faire, la mienne est toujours passée par là aussi loin que je m’en souvienne.

J’avais réalisé une grande toile carrée durant l’hiver représentant des méduses. J’y ai beaucoup travaillé et, au final, le résultat me fait penser à des espèces de lampes ou à des gros champignons. S’en apercevoir aura été à la fois comique et un peu douloureux… En fait, je n’aime vraiment pas le résultat et j’ai fini par cacher le tableau pour cesser d’y penser.

En cette période de confinement, je profite alors de notre jardin ensoleillé qui offre une parfaite aire créative afin d’opérer la transformation totale de cette toile.

Je décide de recouvrir toute la toile au couteau avec de la peinture acrylique blanche.

Il est un peu grisant d’agir ainsi ! En fait, ça devient une manie chez moi… (cf. mon autre article sur le même procédé « Une transformation originale »).

J’avais mon idée en amont : je voulais peindre des ailes d’ange. De belles ailes géantes qui sembleraient sortir de la toile. Pourquoi ? Parce que ça fait longtemps que je trouve ce motif inspirant et qu’en cette période chargée en stress et en images négatives, j’ai besoin de légèreté et de grâce…

Les ailes symbolisent à la fois la puissance avec l’idée de se propulser, et la légèreté avec l’idée de l’envol, l’idée de partir aussi… et en plein confinement, c’est juste impossible.

J’étale le blanc partout, je laisse sécher. Puis je commence à passer un peu de bleu (sans doute influencée par la couleur du ciel de Provence dont l’insolente luminosité m’inspire) et voilà qu’une silhouette d’oiseau sort !

Franchement, j’aurais presque pu m’arrêter là. C’en est presque troublant…

Une fois de plus, mes gestes semblent ne pas m’appartenir, je suis dans un mode de création « automatique ».

Et puis, c’est parti : je dessine les ailes et j’appose la peinture.

 

 

 

 

J’essaie de ne pas forcer sur les traits et de garder une certaine légèreté. Je fais des va-et-viens entre la forme et le fond et ce n’est pas facile. En fait, au final, je trouve le rendu lourd et peu convaincant…

Je ne suis pas satisfaite. Loin de là.

Comme je peins dans un coin de mon salon, je passe et repasse sans cesse devant la toile et je me dévisse la tête depuis le canapé et ce que je vois ne me plaît pas.

Mentalement, je change, je transforme, j’allège … et il y a des fois où j’envisage très sérieusement de remettre le châssis dans la chambre d’amis et de le tourner vers le mur, histoire de l’oublier pour la deuxième fois.

En fait, comme je n’aime pas céder à mes pulsions négatives et que j’ai bien du temps devant moi, je préfère faire une ultime tentative.

Une fois de plus, je remonte mes manches et c’est « armée » de ma peinture acrylique blanche et de mon couteau que j’enduis à nouveau, que je recouvre (et que je bous intérieurement !).

Et c’est reparti !

Et je redessine les ailes en les allégeant au maximum. Je veux qu’elles puissent surgir du fond de la toile et que les contours ne soient pas définis, comme si elles étaient mouvantes, frêles, suggérées.

     

Et là, je sens qu’il se passe quelque chose de nouveau car ce qui prend forme sous mes pinceaux ressemble enfin à ce que j’avais en tête.

Je suis au coeur du défi : je surmonte enfin la difficulté pour trouver le nouveau souffle vers ces ailes légères. Mes gestes s’enchaînent avec plus de facilité, je me sens presque guidée, c’est magique.

 

 

La composition prend sa place et les surfaces se répondent avec évidence , bref, ça fonctionne et je commence à sentir que je suis sur la bonne voie (je danse toute seule devant ma toile et ça, c’est un signe).

C’est fluide et évident.

Je me sens légère.

Défi réussi ? Celui-là, oui !

Et vous, vous aimez ?